A l'abri du vent : Gabriel Esbrit

A l'abri du vent : Gabriel Esbrit

@LAzou / Team Cofidis

Publié le : 13/10/2026

À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Gabriel Esbrit .


Quel est ton parcours et comment es-tu arrivé dans le vélo professionnel ?

Avant d’arriver dans une équipe comme Cofidis, j’ai déjà travaillé dans d’autres structures, notamment en France avec une équipe basée à Marseille, mais aussi en Espagne.

Aujourd’hui, ça fait environ dix ans que je travaille dans le monde du vélo, dont cinq chez Cofidis.

Mais en réalité, le cyclisme fait partie de ma vie depuis toujours. J’ai moi-même été coureur, jusqu’à une chute qui a mis fin à cette carrière. Donc on peut dire que je suis dans ce milieu depuis très jeune.

Pourtant, je ne m’imaginais pas du tout travailler dans le vélo plus tard. Ce n’était pas un objectif.

 

Comment es-tu passé d’un autre métier à celui-ci ?

À la base, je travaillais dans l’informatique. J’avais aussi suivi des études, notamment en chiropraxie, avec l’idée de faire des massages.

J’ai commencé à masser des cyclistes de manière personnelle, à domicile. Puis un jour, grâce à un contact dans une équipe professionnelle espagnole, on m’a proposé de venir dépanner pendant une semaine.

À la fin de cette semaine, on m’a proposé de rester. Et c’est comme ça que tout a commencé.

Aujourd’hui, je fais beaucoup moins de massages. Mon rôle a évolué.

 

Quel est ton rôle aujourd’hui dans l’équipe ?

Aujourd’hui, je suis responsable des chauffeurs de bus.

Je m’occupe de l’organisation de tous les déplacements : les plannings, la gestion des bus, les révisions, les contrôles techniques, le matériel à bord… Tout doit être prêt et fonctionner parfaitement.

Nous sommes sept chauffeurs au total, avec quatre titulaires.

Mon rôle, c’est aussi d’optimiser les trajets pour éviter les kilomètres inutiles. Par exemple, on essaie d’organiser les parcours en fonction des courses pour limiter les allers-retours.

 

Comment vis-tu ton métier au quotidien ?

Pour moi, ce travail est plus qu’un simple métier.

Je suis toujours content de travailler. Il n’y a pas vraiment de “mauvais jours”. Bien sûr, c’est un travail, mais ce n’est pas comparable à un travail classique avec des horaires fixes dans un bureau.

On voyage, on découvre des lieux, des cultures… C’est une vie différente.

C’est un mode de vie particulier.

Avec les années, on s’y habitue. Mais il y a forcément des moments difficiles : rater des événements familiaux, ne pas être présent pour certaines occasions importantes.

Il faut l’accepter. Tout le monde ne peut pas faire toute sa carrière dans ce milieu pour cette raison.

C’est un choix de vie.

 

Quelle relation as-tu avec les coureurs ?

J’ai une bonne relation avec les coureurs, mais je reste discret.

Je ne suis pas du genre à être constamment avec eux. Je préfère les laisser tranquilles. Ils ont déjà assez de pression avec la course.

Mais avec le temps, des relations de confiance se créent. Certains viennent me parler, se confier. Ça dépend des personnes, du feeling.

 

Comment se passent les journées de course ?

Avant la course, je m’assure que tout est prêt dans le bus.

Pendant les trajets, je laisse les coureurs tranquilles : ils se reposent, écoutent de la musique, appellent leurs proches. Après la course, selon les situations, on peut préparer la récupération, notamment la collation en suivant les consignes des nutritionnistes, surtout quand il n’y a pas de cuisinier.

On connaît aussi les habitudes des coureurs, ce qu’ils aiment, ce dont ils ont besoin. C’est avant tout une passion. Si on n’aime pas le vélo, on ne peut pas faire ce métier. C’est un environnement particulier, avec beaucoup de contraintes, mais aussi beaucoup de satisfaction.

Ce que j’aime le plus, c’est tout ce qui entoure la course : les bus, les déplacements, l’organisation, faire partie de cette “caravane” du cyclisme. Amener les coureurs au départ, les récupérer, faire partie de cette logistique… pour moi, c’est ça l’essentiel.

Avec le temps, j’ai compris que ce métier demande de l’engagement et des sacrifices. Mais quand on est passionné, ça devient une évidence. Pour moi, ce n’est pas juste un travail : c’est un mode de vie.