Victoire Berteau :  « Cofidis fait partie de mon identité »

Victoire Berteau : « Cofidis fait partie de mon identité »

@mathildelazou

Publié le : 06/10/2026

Alors que la fin de saison se profile, une question reste toujours chez les habitués du circuit professionnel : et à la fin, que reste-t-il ? On pense aux émotions les plus fortes, aux jours les plus beaux, aux victoires mais aussi à cette collection de visages, ceux de tous ces coureurs qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Depuis 2022, Victoire Berteau en fait partie. Elle a incarné Cofidis par son enthousiasme, son caractère de battante, sa capacité à se battre pour les autres. La Nordiste incarnait Cofidis et son état d’esprit, ce caractère à ne jamais rien lâcher, même dans les courses les plus dures. Alors qu’elle s’apprête à quitter l’équipe, elle est revenue sur cette belle histoire commune.


Victoire Berteau : "mes cinq années chez Cofidis"

@capucinecolin

Présente au sein de l’équipe depuis ses débuts, en 2022, Victoire Berteau a connu les plus belles heures de sa carrière avec le maillot Cofidis. Alors qu’elle s’apprête à quitter l’équipe, La Nordiste, généreuse dans les courses comme en dehors, a pris le temps de revenir sur la belle histoire qu’elle a tissée avec Cofidis.  

Le jour où… J’ai voulu devenir professionnelle 
Septembre 2015

« Quand je suis arrivée à Bourges au Pôle France et que j’ai vu que je pouvais accéder à l’équipe de France. C’était un grand pas dans ma carrière puisque j’entrais dans la catégorie juniors. À ce moment-là je me suis dit : « en fait, je vais peut-être pouvoir vivre de ma passion ». J’ai toujours aimé le vélo, je roulais tout le temps, on allait aux courses avec ma mère le week-end… Ma vie tournait autour de ça même quand j’étais plus jeune. »

Le jour où… J’ai signé mon premier contrat avec Cofidis 
Novembre 2021

« L’équipe venait de se monter mais étant dans l’équipe de l’armée, je ne pouvais pas signer. Ce n’est qu’en novembre que ça s’est décanté. Gaël Le Bellec m’a appelé pour me dire que ça pouvait se faire. Mais j’ai raté le stage administratif ! J’étais super contente de signer chez Cofidis. C’est l’équipe de chez moi, du Nord, de la maison, ce sont des valeurs dans lesquelles je me suis toujours reconnue. Et puis le projet était hyper intéressant ! »

Le jour où… J’ai disputé ma première course avec Cofidis 
26 février 2022, Omloop Het Nieuwsblad

« J’avais déjà fait quelques années chez les professionnels avant mais là, c’était un autre niveau. Il y avait le staff et toute la structure autour de nous. Je me souviens qu’on était arrivés deux jours plus tôt, qu’on avait fait des reconnaissances… J’en ai un souvenir précis, c’est comme si c’était notre premier jour d’école ! »

Le jour où… J’ai été championne de France 
24 juin 2023 à Cassel

« Il y a tellement de souvenirs ! Ce qui me vient en tête, c’est d’ouvrir mon téléphone après la course et de voir toutes les photos qu’avaient prises les filles et Arthur (Quilliec) à l’arrivée ! Bien sûr, il y a eu l’avant-course, la course qui s’est déroulée exactement comme prévu, et l’émotion d’après. Je me souviens qu’on était restées au calme avec Mathilde L’Azou (la photographe de l’équipe), dans une chambre, en attendant un plateau télé. Ensuite, on est allées dans une baraque à frites (rires) ! C’était vraiment une journée incroyable ! » 

Le jour où… J’ai été échappée sur le Tour de France pendant mon anniversaire
16 août 2024, Remiremont – Morteau

« J’avais déjà été échappée sur le Tour de France en 2022, c’était mon premier podium (prix de la combativité). En 2024, c’était aussi une longue échappée, le jour de mon anniversaire. Les gens me le fêtaient au bord des routes, ça faisait chaud au cœur. Chez les filles, il n’y a pas vraiment d’échappée publicitaire, ça sort à la pédale. Alors quand tu es dans une échappée sur la plus belle course au monde, tu prends un maximum de plaisir. »

 

Le jour où… J’ai terminé dans le top 10 de Paris-Roubaix  
6 avril 2024

« J’avais fait une belle campagne de classiques cette année-là et Paris-Roubaix, ça devait être la confirmation. Tout s’est aligné le Jour J, du début jusqu’à la fin. La course s’est déroulée parfaitement bien, j’étais bien physiquement et mentalement, j’avais vraiment l’impression qu’on avait tout mis avec l’équipe pour réussir. C’est passé vite : je me souviens avoir passé le premier secteur pavé, avoir levé la tête et on était déjà au vélodrome ! Terminer dans le top 10 (8e) avec le maillot bleu-blanc-rouge, devant ma famille et mes proches, c’était vraiment très chouette. »

 

Le jour où… J’ai réussi à rebondir après une longue blessure 
2026

« Cette année, j’ai chuté au mois d’avril au Tour des Flandres et je me suis blessée au coude et au poignet au printemps puis je me suis cassé le sacrum au Tour du Portugal. À chaque fois, j’ai été indisponible plusieurs semaines. Ça a été difficile, d’autant que j’ai raté Paris-Roubaix qui était mon grand objectif de la saison. J’ai eu la chance d’être très bien entourée par ma famille, par l’équipe, le docteur, mon entraîneur et un kiné. On a été à l’écoute de mon corps et ça m’a aidée à retrouver mon niveau. Cette faculté à ne pas baisser les bras et à se surpasser, c’est peut-être ce qui fait la différence entre un athlète lambda et un athlète de haut niveau. »

 

Le jour où… J’ai gagné ma dernière victoire avec Cofidis 
30 août 2026, 4e étape du Tour de Toscane

« Je suis arrivée au Tour de Toscane de retour de blessure et je n’étais pas encore à 100 %. Au prologue, je pensais que ça allait être compliqué et puis finalement, je me suis débloquée. Je me disais que je n’avais rien à perdre, qu’il fallait juste prendre du plaisir et finalement, ça a marché lors de la dernière étape ! J’ai fondu en larmes à l’arrivée : toutes les émotions que je gardais en moi depuis plusieurs mois étaient enfin ressorties. »  

Le jour où… J’ai disputé ma dernière course avec Cofidis 
29 septembre, Mirabelle Classic (3e)

« C’était forcément très particulier. Ça fait cinq ans que je porte ce maillot. Cofidis était une évidence, ça fait partie de mon identité, c’est comme une deuxième famille. Forcément, ça fait un pincement de cœur de tourner la page. J’étais une petite fille quand je suis arrivée, je suis devenue une femme, j’ai vécu des expériences incroyables. J’ai la sensation d’avoir passé un cap, à la fois dans ma vie professionnelle et personnelle.  Et Cofidis m’a accompagnée pendant toutes ces étapes. »