A l'abri du vent : Victorie Guilman

A l'abri du vent : Victorie Guilman

@LAzou / Team Cofidis

Publié le : 11/08/2026

À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Victorie Guilman.


Comment tout a commencé ?

J’ai commencé le vélo très jeune, à l’âge de 6 ans, dans un environnement familial où tout le monde roulait : mes parents, mes grands-parents, mon frère... C’est vraiment une histoire de famille.

En parallèle, je faisais aussi de la danse classique. Pendant longtemps, j’ai réussi à mener les deux de front, jusqu’à mes 18 ans, où j’ai dû faire un choix. J’ai finalement choisi le vélo, notamment pour l’aspect compétition, les courses et les médailles.

À l’époque, le cyclisme féminin professionnel n’existait quasiment pas. Je n’ai donc jamais envisagé d’en faire mon métier. C’était avant tout une passion. J’ai poursuivi mes études et obtenu un master de droit.

C’est en 2020 que tout a basculé, avec mon premier contrat professionnel, arrivé au moment où je terminais mes études. 

 

Quels moments ont marqué ton parcours et d’où vient ta motivation ?

Ce ne sont pas forcément les résultats qui m’ont marquée, mais plutôt les moments difficiles, notamment les chutes.

En 2020, j’ai fait une grosse chute en Australie. Dans ces moments-là, on se demande si tout est fini. Cela remet beaucoup de choses en perspective : la santé passe avant tout.

Réussir à revenir, remonter sur le vélo et continuer malgré tout, c’est une vraie fierté.

Je ne suis pas quelqu’un qui a des idoles. J’ai du mal à admirer quelqu’un uniquement pour ses performances. Ce qui m’importe, c’est la personne dans sa globalité.

Ma motivation vient donc surtout de moi-même, de l’envie de progresser et de continuer malgré les obstacles.

 

As-tu des habitudes et qui es-tu en dehors du vélo ?

Je n’ai pas de rituel particulier avant les courses.

Mais plus jeune, j’avais toujours un porte-bonheur dans mon maillot : une queue de lézard, une tradition de chez moi, en Charente. Aujourd’hui encore, je la garde dans mon portefeuille.

En dehors du vélo, j’aime les choses simples, comme la cuisine et le jardinage. Je cuisine surtout des gâteaux, avec une préférence pour le gâteau au chocolat.

Ce sont des moments calmes, que je fais souvent seule, même si le jardinage peut parfois être une passion partagée avec certaines coéquipières.

 

Comment tu gères ton équilibre de vie et les déplacements ?

L’équilibre entre vie personnelle et professionnelle n’est pas toujours simple, surtout avec les nombreux déplacements.

Le soutien de l’entourage est essentiel. Je vis avec mon compagnon, ce qui facilite le quotidien, notamment pour s’occuper de mes deux chiens, Prada et Snow.

Avec les années, les voyages peuvent devenir fatigants, parfois plus que les courses. Mais l’évolution du calendrier, avec de nouvelles destinations comme l’Australie ou la Chine, permet aussi de casser la routine.

 

Comment tu vois l’évolution du cyclisme féminin ?

Le cyclisme féminin a énormément évolué.

À mes débuts, il n’y avait pas toujours de catégories féminines, et je courais parfois avec les garçons. Les mentalités ont changé, et aujourd’hui les courses sont davantage reconnues.

Même s’il reste des progrès à faire, on se rapproche d’une forme d’égalité.

Je garde néanmoins une certaine nostalgie : avant, l’ambiance était plus simple, plus familiale. On dormait parfois dans des lycées ou des campings. Aujourd’hui, tout est plus structuré, plus professionnel, mais aussi plus cadré.

 

Si tu avais un conseil à donner aux nouvelles générations ?

Avec plus de dix saisons dans le peloton, j’ai connu différentes époques du cyclisme.

Cela me permet de prendre du recul, notamment sur les jeunes générations, très encadrées très tôt. Je pense qu’il est important de garder un équilibre, de ne pas brûler les étapes et de profiter aussi de sa jeunesse en dehors du sport.