Publié le : 07/04/2026
C’est l’un des rendez-vous iconiques de la saison, le seul monument français, un sommet d’intensité et d’abnégation pour les coureurs. Cette année, l’équipe Cofidis se présente à Paris-Roubaix avec ambition et l’espoir de placer plusieurs coureurs dans les places d’honneur. Avant la course ce dimanche, la newsletter donne la parole à des coureurs, directeurs sportifs, mécaniciens, assistants de l’équipe. Tous racontent cette journée à part, cet « Enfer » qui n’en finit plus de marquer l’histoire.
Alexis Renard : « je l’attends toute l’année »
« C’est une course à part, un mythe, l’un des plus grands événements de la saison. J’ai toujours aimé regarder Paris-Roubaix à la télé quand j’étais jeune. Quand je suis devenu professionnel, je me suis dit que je pouvais, à mon tour, y participer. Je l’attends toute l’année pour essayer de faire un bon résultat. En 2023, j’avais terminé dans l’un des premiers groupes (28e), et ça reste un moment fort. Ce qui fait la beauté de cette course, c’est qu’il faut passer à travers plein de problèmes pour avoir une chance de performer. Cette année, nous avons une équipe compétitive et je sais que nous pouvons espérer signer un bon résultat et hisser l’un de nos coureurs dans le top 10. »
Hugo Page : « ne jamais rien lâcher »
« Quand j’étais petit, c’était une course qu’on ne ratait jamais à la télévision. C’est une course spéciale, l’Enfer du Nord, le seul Monument disputé en France. Parmi les histoires qui m’ont marqué, il y a celle de l’Australien Mathew Hayman, qui avait gagné à 37 ans (en 2016). Ça montre bien que, sur cette course, il ne faut jamais rien lâcher, toujours se battre, toujours y croire. La première fois que j’y ai participé (en 2024, 34e), j’avais réussi à rester longtemps dans le groupe de tête… Paris-Roubaix est tellement dure que c’est important d’avoir beaucoup d’envie et de motivation avant de s’élancer. Nous avons la chance d’avoir une équipe très ambitieuse. Si on arrive à s’accrocher et à bien anticiper les coups, je sais qu’on peut signer un très bon résultat. »
Sébastien Hinault : « une alchimie à trouver »
« Paris-Roubaix, c’est la seule course où tu finis en ayant plus mal aux bras qu’aux jambes ! Physiquement, c’est très dur. Pour parvenir à signer un bon résultat, il y a toute une alchimie à trouver : être au niveau physiquement, avoir de la réussite, ne pas crever ni tomber... C’est une course où ceux qui réussissent à avoir un coup d’avance, ceux qui anticipent au maximum sont souvent récompensés. Cette année, nous pouvons viser un « top 10 ». Nous avons une équipe homogène et plusieurs cartes à jouer avec Alexis Renard, Hugo Page et Jenthe Biermans. »
Sébastien Demarbaix : « comme l’Alpe d’Huez »
« C’est une course qui est toujours très ouverte avec beaucoup de surprises. Peut-être qu’il y en a moins ces dernières années pour la gagne mais ce n’est pas le cas pour accéder au « top 10 ». C’est pour cela que Paris-Roubaix est une course si spéciale : elle est faite pour des guerriers, des caractères, des coureurs qui ne lâchent rien. Il y a aussi une pression populaire : c’est un peu comme l’Alpe d’Huez au Tour de France, c’est une journée qu’on ne rate pas ! Pour la réussir, il faut avoir pleinement confiance dans son matériel mais aussi être entouré de gens de haut niveau dans le staff, chez les mécaniciens, les assistants… Nous avons de l’ambition avec l’équipe Cofidis cette année mais nous avons raison d’en avoir ! »
Mélanie Briot : « Une course de guerrières »
« Ce n’est pas l’Enfer du Nord pour rien ! Les 30 kilomètres de pavés changent tout : ce qui est essentiel, c’est d’arriver en permanence à faire face aux imprévus. Pour résister, il faut faire une course de guerrières. Celles qui ont choisi d’y participer savent que rien n’y est jamais facile, que c’est brutal, parfois aléatoire. Je me souviens très bien de la première édition féminine, en 2021, que j’avais regardée à la télévision. Beaucoup de filles avaient glissé dans la boue, dont celle qui s’était imposée, Lizzie Deignan. Quand on est dans la course, même en voiture DS, il faut être extrêmement concentré et vigilant, tout passe très vite. Dimanche, avec l’équipe, nous allons tout faire pour signer une belle course et viser une place d’honneur. »
Evaldas Siskevičius : « toutes les émotions »
« Ce n’est pas pour rien qu’il s’agit de la reine des classiques ! C’est une course qui a une histoire très riche et très singulière, qui marque bien au-delà des passionnés de vélo. Il y a quelque chose d’inexplicable dans l’attraction que cette course suscite chez le grand public. Quand tu es coureur, c’est à la fois du plaisir et beaucoup de souffrance. C’est douloureux, tu donnes tout, mais une fois que tu arrives au vélodrome, les sensations sont juste incroyables. En fait, tu passes par toutes les émotions ! La course est tellement aléatoire que toutes les ambitions sont permises : c’est peut-être le Monument le plus accessible du calendrier. Et nous avons une équipe qui est taillée pour le jouer à fond ! »
Nicolas Daniel : « à bloc, dès le départ »
« Tout est particulier à Paris-Roubaix, l’atmosphère est différente dès le mercredi quand on arrive à Valenciennes. Ce qui est étonnant, c’est le fait de ressentir le calme avant la tempête.De mercredi à dimanche, nous avons le temps de tout préparer, tout finaliser, tout vérifier. Nous préparons la course dès décembre, au stage d’avant-saison, où nous avons testé les roues et défini les pressions des pneus pour chaque coureur.
Les roues ont été préparées au service course dès février et nous avons reçu la livrée spéciale du vélo Look pour deux de nos coureurs. La pression monte progressivement. En course, il faut être à bloc, car dès le départ, c’est très nerveux : il n’y a plus d’échappée comme avant, la tension est très forte avant les premiers pavés. Quand tu es dans le match jusqu’à une quarantaine de kilomètres de l’arrivée, la journée passe très vite. On l’a vécu en 2023 avec Max Walscheid (8e) et je sais qu’on peut le revivre ! »
Frédéric Bourdon : « tu ne sais jamais ce qui peut arriver »
« La semaine de Paris-Roubaix est vraiment différente de ce qu’on a l’habitude de vivre pendant l’année. Nous arrivons le mercredi soir à Valenciennes après le GP de l’Escaut, avant la reconnaissance du jeudi. Ensuite, on se rend à Compiègne où les coureurs peuvent souffler et se mettre dans leur bulle avant la course. On sent que la pression commence progressivement à monter.
Une fois que la course commence, tu ne sais jamais ce qui peut arriver. Pour nous tous, assistants et mécaniciens, c’est une course dans la course. Nous positionnons une personne à chaque sortie de secteur pavé avec des bidons et des roues. Avec le public sur tout le parcours, c’est de plus en plus compliqué de faire des coupes et d’accéder au parcours. C’est là que l’expérience et la connaissance des routes sont particulièrement précieuses. On sait que les coureurs ont besoin de notre engagement de chaque instant pour tenir le coup ! »