A l'abri du vent : Victoire Berteau

A l'abri du vent : Victoire Berteau

@LAzou / Team Cofidis

Publié le : 07/04/2026

À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Victoire Berteau.


Quel a été ton parcours avant de devenir cycliste professionnelle ?

J’ai suivi un parcours assez classique au départ. L’école, le collège, le lycée, comme tout le monde. Je suis originaire du Nord, en étant née à Douai. En seconde, j’ai intégré le Pôle France à Bourges, au CREPS. C’est là que les choses se sont vraiment structurées.

À 18 ans, je suis passée professionnelle dans une équipe belge, avant de rejoindre Cofidis en 2022. Pour moi, Cofidis, c’était presque une évidence. C’est une équipe du Nord, j’ai grandi en regardant le Tour de France avec cette formation. Quand l’équipe féminine s’est montée et qu’on m’a proposée, je n’ai pas hésité une seconde.

 

Y a-t-il eu un moment clé qui a marqué ta carrière ?

Oui, sans hésitation : mon titre de championne de France.

Il est arrivé juste après le Tour de Suisse. J’étais épuisée, autant mentalement que physiquement. Mais j’ai eu la chance d’arriver en avance sur le championnat, à côté de chez moi. À l’époque, j’habitais à une quarantaine de kilomètres de Cassel, donc je connaissais très bien le parcours, je l’avais reconnu plusieurs fois.

C’était à la maison, devant mes parents. Et surtout, c’était l’un des rares moments où mon père est venu me voir courir. Tout s’est parfaitement enchaîné. J’ai ressenti énormément de joie, mais aussi un grand soulagement, et surtout de la fierté.

 

Qui t’a donné envie de faire du vélo ?

Mon grand frère. Quand on était plus jeunes, on ne s’entendait pas du tout. Lui faisait du vélo dans un club à côté, ma grande sœur faisait de la danse, et moi je m’ennuyais à la maison.

J’ai voulu suivre mon grand frère, et c’est comme ça que j’ai commencé. Ironie du sort, lui a arrêté peu de temps après. Aujourd’hui, on s’entend très bien, mais à l’époque, c’était plutôt… électrique. Disons qu’on se bagarrait vraiment.

 

Y a-t-il eu une rencontre déterminante dans ton parcours ?

Oui, Marion Borras. Je l’ai rencontrée avant les Jeux de Tokyo, à un moment où j’étais un peu perdue dans ma carrière. Elle m’a énormément aidée, autant en tant qu’athlète qu’en tant que personne.

Elle m’a permis de me dévoiler, de mieux me comprendre. Depuis, elle est devenue ma meilleure amie. Elle a joué un rôle essentiel dans mon développement personnel et professionnel.

 

Avais-tu une coureuse qui t’inspirait particulièrement ?

Oui, Laura Trott, devenue Laura Kenny. J’ai toujours été fan d’elle, surtout sur la piste. Même si elle n’a pas fait énormément de route, elle a toujours été un modèle pour moi.

Courir avec elle, contre elle, a été un moment très fort. C’est quelqu’un qui continue de m’inspirer aujourd’hui, même après sa carrière. Elle a su revenir après avoir eu des enfants, elle est restée très humble, toujours respectueuse. C’était une immense athlète, mais aussi une belle personne.

C’est clairement elle qui m’a donné envie de m’investir autant sur la piste.

 

Justement, quelle place occupe la piste dans ton parcours ?

La piste est intimement liée à Bourges. Quand je suis partie au Pôle France, c’était avant tout pour la piste.

J’ai fait mes premiers tours de piste à Roubaix, avec mon entraîneur de l’époque, qui est aujourd’hui le président de mon club au VC Laon. Ensuite, j’ai intégré Bourges, puis l’équipe de France juniors, et le processus s’est naturellement enclenché.

 

As-tu des rituels ou des habitudes avant les courses ?

Ça dépend beaucoup des courses. Je déteste me lever très tôt, clairement. Je ne suis pas du matin.

En général, je me lève environ trois heures avant le départ pour manger. Et surtout, je mets mon casque très tôt, environ 45 minutes avant la course. Je déteste enlever et remettre mon casque, et encore plus quand mes cheveux partent dans tous les sens. Ça me stresse énormément.

Parfois, je bois même mon café avec le casque sur la tête. Comme ça, je suis sûre qu’il est bien mis, et qu’aucun cheveu ne dépasse.

 

Et en dehors du vélo, as-tu des passions ?

J’adore cuisiner. Je passe énormément de temps à tester de nouvelles recettes. J’ai commencé par la pâtisserie, et aujourd’hui je cuisine encore plus que je ne pâtisse.

J’adore faire des farfalle, et côté desserts, je dirais tiramisu ou cheesecake. Le flan, par contre, je préfère l’acheter. Je suis trop exigeante avec la vanille, et à la maison, ça coûte vite très cher.

 

Comment gères-tu l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ?

Ce n’est pas simple du tout. L’an dernier, j’ai enchaîné énormément de jours de course, de déplacements, de stages avec l’équipe de France sur la piste. Parfois, tu as trois jours entre deux courses, mais tu ne rentres même pas chez toi.

On me dit souvent que je vis dans ma valise. Et c’est vrai : quand je rentre, elle n’est jamais vraiment défaite, parce que je repars presque aussitôt.

Depuis cet hiver, j’ai décidé de prendre plus de temps pour moi et pour ma famille. Le peu de temps libre que j’ai, je le consacre à mes proches. J’essaie de me ressourcer au maximum avec eux.

 

Que représente le fait de porter le maillot Cofidis ?

Beaucoup de fierté. Cofidis, c’est un groupe du Nord, et je suis nordiste. Quand j’ai commencé le vélo, l’équipe existait déjà. Je regardais le Tour de France masculin et je rêvais de ce maillot.

Quand l’équipe féminine s’est créée, ça n’a jamais été un choix à faire. C’était une évidence. J’espère être à la hauteur de leur confiance et faire une saison 2026 à la hauteur de leurs attentes.

 

Un endroit préféré pour t’entraîner et une musique pour te motiver ?

Mon endroit préféré pour m’entraîner, c'est à Cassel.

Et avant les courses, j’écoute beaucoup Pink.