À l’abri du vent : Milan Fretin

À l’abri du vent : Milan Fretin

@mathildelazou

Publié le : 23/03/2026

À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Milan Fretin.


Comment ton parcours sportif a-t-il commencé ?

À la base, je viens du triathlon. J’en ai fait pendant une dizaine d’années, jusqu’à un niveau assez élevé. Avant de devenir professionnel en vélo, j’ai longtemps évolué dans les disciplines enchaînées.

Le vélo a toujours fait partie de ma pratique, puisque c’est une composante essentielle du triathlon, mais pendant longtemps je me concentrais surtout sur la natation et la course à pied, qui étaient mes points faibles. Le vélo, paradoxalement, je ne l’avais jamais réellement développé à fond.

Il y a trois ans, j’ai pris la décision de me consacrer uniquement au vélo de route. J’éprouvais une certaine lassitude en natation et en course à pied, alors que le vélo restait ce qui me passionnait le plus.

À quel moment as-tu compris que le cyclisme deviendrait ton métier ?

Très tôt. Pour moi, il n’y a jamais vraiment eu de doute.

Quand j’avais dix ou douze ans, mes amis jouaient au football, mais moi j’étais déjà focalisé sur le vélo. C’était la seule chose qui comptait. Même à l’école, dans ma tête, le cyclisme passait avant tout.

Je savais que si je voulais réussir, je devais faire des choix, éviter les risques inutiles, rester concentré.

Aujourd’hui, je suis heureux d’avoir suivi cette voie et d’avoir réussi à transformer ma passion en métier.

 

Y a-t-il des coureurs ou des personnes qui t’ont inspiré ?

Quand j’étais enfant, je ne regardais pas énormément les courses, je les trouvais longues. Mais certains noms m’ont marqué.

J’admirais Tom Boonen et Fabian Cancellara, même s’ils étaient très différents.

Plus tard, des coureurs comme Chris Froome ou Alberto Contador m’ont aussi impressionné.

Mais je n’ai jamais eu une seule idole. Ce qui m’inspirait, c’était le cyclisme dans son ensemble, le niveau des professionnels.

Quel moment a marqué un tournant dans ta carrière ?

Un moment clé a été la signature de mon contrat avec Cofidis.

Avant cela, j’étais déjà dans une structure de développement, mais je voulais rapidement atteindre le plus haut niveau.

Signer avec une équipe WorldTour a été un vrai déclic mental. C’était une forme de validation, mais aussi un soulagement. À partir de là, j’ai pu me concentrer pleinement sur la performance.

 

Comment gères-tu l’équilibre entre ta vie personnelle et le cyclisme ?

C’est essentiel de ne pas penser uniquement au vélo.

Je suis très professionnel à l’entraînement, mais en dehors, j’ai besoin de couper. Je passe du temps à jouer aux jeux vidéo avec mes amis ou mon frère. Quand j’en ai l’occasion, je vais pêcher.

J’aime aussi beaucoup les voitures, surtout les voitures rapides : les conduire, les entretenir, les nettoyer… ça fait partie de mes plaisirs.

Trouver cet équilibre est important pour durer dans ce sport.

Je n’ai pas de rituel spécifique avant les courses.

Mon objectif est surtout de rester mentalement frais. Trop penser au vélo peut devenir pesant. Donc j’essaie de garder une certaine légèreté en dehors des moments clés.

Que ressens-tu lors de ta première victoire ?

Ma première victoire, lors d’une étape à Dunkerque, reste un souvenir très fort.

J’étais d’abord très heureux pour l’équipe, qui m’avait fait confiance. Mais surtout, ça a été un déclic : je me suis dit que je pouvais gagner au plus haut niveau.

On travaille pendant des années sans forcément réaliser le chemin parcouru. Et d’un coup, tout se concrise en un instant.

En tant que sprinteur, gagner est essentiel. Mais sur le moment, on profite surtout de l’émotion.

Quels sont les moments qui t’ont le plus marqué ?

Au-delà des victoires, le moment où j’ai signé avec une grande équipe reste déterminant.

C’est là que j’ai vraiment senti que je passais un cap, que je faisais partie du haut niveau.