Publié le : 24/02/2026
À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Nicolas Debeaumarché.
Comment ta passion pour le vélo est-elle née ?
J’ai commencé le vélo très tôt, à l’âge de quatre ans. Dans ma famille, le cyclisme était déjà bien présent. Mes parents avaient un attrait pour ce sport, ma sœur qui a 8 ans de plus que moi en faisait.
Il y a aussi une histoire familiale assez forte : j’ai une cousine plus âgée que moi qui avait participé aux championnats de France à la fin des années 90. Naturellement, mes parents m’ont mis sur un vélo, et tout s’est enchaîné comme ça.
J’ai fait toute ma formation de jeune au Vélo Sport Mâconnais, là où j’ai grandi et où je vis encore aujourd’hui. Je n’ai jamais vraiment quitté le vélo. C’est le seul sport que j’ai pratiqué, sans interruption.
Après mes années de formation, j’ai évolué en catégorie élite au sein du SCO-Dijon, une équipe amateur de la région. Ensuite, j’ai franchi une nouvelle étape en rejoignant Saint-Michel.
Chaque passage s’est fait progressivement, sans brûler les étapes, mais toujours avec la même envie de progresser et de me rapprocher du très haut niveau.
J’ai compris très jeune que le vélo deviendrait plus qu’une passion. Quand j’étais enfant, je regardais les courses à la télévision et je rêvais de faire comme les grands, de participer au Tour, d’avoir cette vie-là.
Mais le moment où j’ai vraiment pris conscience que ça pouvait devenir une réalité, c’est en catégorie junior. J’ai commencé à être sélectionné en équipe de France, et là, j’ai senti que ce n’était plus seulement un rêve d’enfant. Il y avait une vraie possibilité.
Avais-tu un coureur qui t’inspirait particulièrement ?
Oui, clairement. J’étais un grand fan de Tom Boonen. Petit, j’économisais mon argent de Noël pour acheter le même casque que lui, puis les mêmes équipements. Ça m’est même arrivé d’avoir quasiment toute la tenue. C’était vraiment mon modèle, celui auquel je voulais m’identifier.
Y a-t-il un moment qui t’a particulièrement marqué dans ta carrière ?
Oui, sans hésitation. Ma grosse chute en Pologne, en août 2024.
Elle a failli mettre un terme à ma carrière. La récupération a été longue, difficile, et au-delà de l’aspect sportif, ça a été une épreuve humaine énorme. Cette période m’a profondément transformé.
En quoi cette épreuve t’a-t-elle fait évoluer ?
Elle m’a fait grandir, tout simplement. J’ai gagné en maturité, j’ai levé un peu la tête du guidon. Je me suis rendu compte que la vie ne se résumait pas uniquement au vélo. J’ai traversé des moments très compliqués : être immobilisé, perdre toute mobilité pendant plusieurs mois, quand ton corps est ton outil de travail… c’est extrêmement dur à accepter. Je me suis aussi beaucoup rapproché de mes proches. J’ai été très proche du pire, et ça change forcément la manière de voir les choses.
Qu’est-ce qui t’a permis de rebondir après cette chute ?
Avant tout, l’entourage. La famille, les proches, les gens qui étaient là au quotidien. Il y a aussi la qualité de la prise en charge médicale. Voir les étapes de la rééducation s’enchaîner, réussir à franchir les paliers les uns après les autres, ça aide énormément mentalement. Je suis quelqu’un qui a besoin de contrôle, de repères. Le fait de pouvoir structurer cette reconstruction m’a beaucoup aidé. Sans cet entourage, je n’ose même pas imaginer dans quel état je me serais trouvé.
Comment gères-tu l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle ?
Avec le temps et l’expérience, on y arrive. Ce métier demande beaucoup de déplacements, ce qui fait qu’on est souvent loin de nos proches.
Au fil des années, on s’entoure de personnes qui comprennent ces contraintes et qui les acceptent. Ce n’est pas toujours simple, mais ça fait partie du métier. On sait aussi qu’une carrière ne dure pas toute une vie. C’est une période donnée, avec des concessions à faire.
As-tu un rituel avant les courses ?
Je ne suis pas quelqu’un de très ritualisé. La seule habitude que j’ai, c’est que je ne mets jamais mes gants en premier. Les gants, c’est toujours la toute dernière chose que je mets. Pourquoi ? Aucune idée. C’est comme ça. Un jour, j’ai vu quelqu’un quasiment nu avec seulement ses gants, et je me suis dit : “À quel moment on commence par les gants ?” Depuis, ça m’est resté.
As-tu une passion en dehors du vélo ?
Le mot passion est peut-être un peu fort, mais j’adore le café. J’en bois beaucoup, je suis très bien équipé à la maison, et j’aime découvrir de nouveaux cafés.
Je suis bourguignon, donc très attaché au vin aussi, même si ce n’est pas toujours compatible avec la pratique du vélo. Je retrouve un peu dans le café ce que j’aime dans le vin : les arômes, la découverte, la précision. Disons que j’ai trouvé un bon compromis.
Un surnom dans le peloton ?
Oui. Les gars de l’équipe m’appellent souvent le Maçon.
Déjà parce que je viens de Mâcon, et puis aussi parce que “maçon”, ça évoque quelqu’un qui bourrine un peu. Le surnom a pris naturellement… et il me va plutôt bien.