Publié le : 08/10/2026
À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Alexis Renard .
Raconte-nous ton parcours avant d’arriver dans le cyclisme professionnel.
J’ai commencé par le football très jeune. C’était mon sport principal jusqu’au jour où je me suis blessé aux ligaments croisés. Cette blessure m’a obligé à arrêter les sports à impacts pendant un an.
À ce moment-là, j’avais deux options pour la rééducation : la natation ou le vélo. J’ai choisi le vélo, vers l’âge de 14 ans, et j’ai débuté en minime 2.
Le vélo n’était donc pas une évidence au départ ?
Pas du tout. À la base, je voulais simplement me rééduquer. J’ai acheté un vélo pour un an, un vélo basique, et j’ai commencé comme ça.
Au début, ce qui m’a plu, c’est justement le côté individuel. Quand tu fais un résultat, il n’appartient qu’à toi. C’était très différent du football, qui est un sport collectif.
Ton entourage pratiquait déjà le cyclisme ?
Non, absolument pas. Personne ne faisait de vélo autour de moi. Je suivais seulement le Tour de France l’été, comme beaucoup de gens.
Mes débuts ont été assez atypiques : je roulais avec des cyclos beaucoup plus âgés, parfois 70 ou 80 km dès les premières sorties, avec des cales-pieds, un survêtement de foot… Je finissais complètement épuisé.
Quand as-tu intégré un club ?
Assez rapidement après. J’ai trouvé un club à Plancoët, et là, j’ai commencé à rouler avec des gens de mon âge. Je me souviens encore de mon premier entraînement en plein hiver, en cuissard court et maillot manches courtes. Il faisait très froid, mais ça ne m’a pas découragé.
Quel est ton moment le plus marquant dans ta carrière ?
En amateur, gagner le Championnat de France a été un moment important pour moi.
Chez les professionnels, le Tour de France reste forcément un moment à part. C’est un passage marquant dans une carrière, quelle que soit ton expérience.
Y a-t-il eu des rencontres qui t’ont marqué ?
Oui. J’ai eu l’occasion de côtoyer Chris Froome lors de stages, notamment en petits groupes. Voir sa capacité de travail de près, son exigence, c’était très inspirant. J’ai aussi été en équipe avec André Greipel. Ce sont des coureurs qui ont marqué l’histoire du cyclisme.
As-tu eu un modèle ou une source d’inspiration particulière ?
Pas vraiment dans le cyclisme. J’ai construit mon parcours seul. En revanche, j’ai toujours été admiratif de Cristiano Ronaldo. J’ai suivi toute sa carrière, son professionnalisme, sa longévité.
Tu restes attaché au football ?
Oui, même si je suis moins assidu qu’avant. Je regarde encore les résultats, et forcément, en habitant à Rennes, je garde un œil sur le Stade Rennais, même de loin.
As-tu une passion en dehors du vélo ?
Oui, la cuisine. J’aime beaucoup cuisiner. Tous les hivers, je prends un cours de cuisine. L’an dernier, c’était dans le restaurant de Pierre Sang, et cette année avec Christophe Lerouy.
On a par exemple réalisé un velouté de butternut, un risotto avec du poisson et un dessert type riz au lait. C’est accessible et très agréable à faire.
Plutôt cuisine ou pâtisserie ?
Plutôt cuisine. La pâtisserie est trop précise. En cuisine, on peut ajuster, improviser. En pâtisserie, le moindre changement modifie totalement le résultat.
Peux-tu retracer ton parcours professionnel ?
Je suis passé professionnel en 2020 chez Israel Start-Up Nation. Avant cela, j’étais chez Côte d’Armor, qui faisait office de réserve. Il y avait une passerelle avec l’équipe pro, notamment grâce à Lionel Marie et Mickaël Leveau.
J’ai passé deux ans à l’étranger, ce qui était un choix assumé pour progresser et apprendre l’anglais. En 2022, j’ai rejoint Cofidis, où je suis toujours aujourd’hui.
Comment gères-tu l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ?
Ce n’est pas simple. On est absents environ 200 à 250 jours par an. Il faut apprendre à déconnecter quand on est chez soi pour repartir frais mentalement. Il n’y a pas de recette miracle, mais avec le temps, on s’y habitue.
Après plusieurs années chez les pros, gardes-tu le même enthousiasme ?
Oui, complètement. Quand je reçois le nouveau vélo en début de saison, quand tout est prêt, propre, comme à la rentrée scolaire, j’ai toujours la même excitation.
Le jour où cette motivation disparaît, il faut savoir arrêter. Ce métier est trop exigeant pour continuer sans envie.
Quel est ton endroit préféré pour t’entraîner ?
Le Cap Fréhel. C’est magnifique, agréable, et très inspirant, même quand le temps est moins clément.