A l'abri du vent : Raul Matias

A l'abri du vent : Raul Matias

@LAzou / Team Cofidis

Publié le : 02/09/2026

À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Raul Matias.


Comment tout a commencé ?

J’ai d’abord essayé le football, l’athlétisme… mais très vite, c’est le cyclisme qui m’a vraiment plu. J’ai débuté sérieusement à l’adolescence, vers mes 14 ans.

Dans ma famille, les études étaient importantes : mon frère et ma sœur ont suivi des parcours universitaires. Moi, au moment d’entrer à l’université, j’ai fait un autre choix. J’ai dit à mon père que je voulais me consacrer au vélo.

J’ai alors commencé la compétition, avec l’envie de voir jusqu’où je pouvais aller.

 

Quand le vélo est-il devenu un parcours professionnel ?

Je suis passé professionnel et j’ai eu une carrière d’environ quinze ans. J’ai remporté une vingtaine de courses et surtout, j’ai été champion du Portugal chez les professionnels.

Même si je n’ai pas eu une carrière internationale très exposée, certaines expériences m’ont marqué, notamment en Espagne, où j’ai pu me mesurer à des coureurs de très haut niveau, présents sur les Grands Tours.

À cette époque, le cyclisme portugais était assez fermé, ce qui rendait plus difficile l’accès aux grandes équipes étrangères. Aujourd’hui, les opportunités sont plus nombreuses.

 

Quels moments ont marqué ta carrière sportive ?

Mon titre de champion du Portugal reste un moment fort.

Mais au-delà des résultats, certains souvenirs en course sont restés gravés : arriver au sommet de grandes ascensions aux côtés de coureurs parmi les meilleurs du monde m’a fait prendre conscience de mon niveau et de ce que j’aurais peut-être pu accomplir avec plus d’opportunités.

Cela m’a aussi appris une chose importante : dans le sport de haut niveau, il faut savoir saisir les chances quand elles se présentent.

 

Comment s’est faite la transition après ta carrière ?

Après ma carrière de coureur, j’ai repris les études à 37 ans. J’ai toujours été attiré par le rôle de soigneur, par leur importance dans la performance et le bien-être des coureurs.

J’ai commencé à travailler dans une équipe portugaise, puis j’ai rejoint des structures internationales, notamment une équipe sud-africaine, avant d’intégrer une grande équipe comme Tinkoff.

À un moment, j’ai ressenti une forme de saturation vis-à-vis de la compétition, mais pas du milieu du vélo. J’ai donc poursuivi dans ce rôle de soigneur, avec une autre approche.

 

Comment as-tu fini dans une grande équipe ?

J’ai eu une première opportunité de rejoindre Cofidis que j’ai refusée à l’époque, par manque d’envie de quitter le Portugal. C’est un choix que je regrette encore aujourd’hui.

Quelques années plus tard, une seconde opportunité s’est présentée. Cette fois, je n’ai pas hésité. J’ai rejoint l’équipe en 2020, dans un contexte particulier avec le Covid, mais j’ai rapidement trouvé ma place.

Depuis, je me sens bien dans cette équipe, avec un environnement que je connais et apprécie.

 

Qu’est-ce qui te motive dans ton métier aujourd’hui ?

Je suis avant tout passionné par le vélo et par les personnes qui le pratiquent.

Avec l’expérience, j’ai énormément progressé dans mon métier. Au début, je doutais de mes capacités, notamment lorsque je devais m’occuper de grands coureurs. Mais avec le travail, j’ai gagné en confiance.

Aujourd’hui, je me considère comme un soigneur expérimenté, capable d’apporter un réel bénéfice aux coureurs.

Ce qui me motive, c’est de toujours donner le meilleur. Je ne regarde jamais le temps quand je travaille : l’important, c’est la récupération du coureur.

 

Quel genre de relation tu as avec les coureurs ?

La relation avec les coureurs est essentielle. Avec certains, une vraie confiance s’installe au fil du temps.

Le fait de travailler régulièrement avec les mêmes coureurs permet de mieux les connaître, de comprendre leurs besoins, leur état de fatigue, parfois même sans qu’ils aient besoin de parler.

C’est un métier basé sur le ressenti, l’écoute et l’expérience.

 

Ta vision du professionnalisme ?

Je suis très attaché à l’engagement. Pour moi, un coureur doit donner le maximum.

Je respecte énormément ceux qui travaillent dur, qui se battent pour l’équipe, même dans la difficulté. Ce sont eux qui méritent toute mon énergie.

À l’inverse, je trouve dommage que certains ne profitent pas des opportunités qu’ils ont dans les grandes équipes. Le talent ne suffit pas : il faut de l’ambition et de l’investissement.

 

Comment tu gères l’équilibre de vie ?

Mon rythme est assez simple. Pendant les courses, je suis totalement investi dans mon travail.

Quand je rentre chez moi, je me repose et je prends soin de moi, notamment de mes mains, qui sont très sollicitées.

J’aime mener une vie calme : je fais du vélo presque tous les jours, entre 80 et 120 kilomètres, puis je passe du temps chez moi, à bricoler ou simplement à me détendre.

C’est un équilibre qui me convient bien.

 

Et pour la suite ?

Tant que j’ai la motivation, je continue.

Le jour où elle disparaîtra, je saurai qu’il est temps de passer à autre chose. Mais aujourd’hui, la passion est toujours là, intacte.