A l'abri du vent : Lucia Rojas Mejia

A l'abri du vent : Lucia Rojas Mejia

@mathildelazou

Publié le : 12/05/2026

À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Lucia Rojas Mejia.


Raconte-nous ton parcours avant de rejoindre l’équipe.

J’ai commencé en 2020, juste avant la Covid, avec l’équipe d’Espagne, en travaillant un peu avec les juniors et les jeunes filles. Après quelques années là-bas, j’ai intégré Caja Rural. Et puis, l’année passée, l’équipe Cofidis m’a contactée pour venir.

 

Est-ce que tu t’imaginais ici dès le début ?

Non, pas du tout. Quand j’étais à l’université, je faisais des études de kiné et je ne savais pas exactement ce que je voulais faire. Je ne pensais pas du tout à travailler dans le cyclisme. Mais j’avais pratiqué le vélo depuis mes 8 ans, et j’avais une amie qui travaillait déjà avec la sélection espagnole. Elle m’a appelé pour me proposer de venir, et c’est comme ça que j’ai commencé.

 

Pourquoi le choix du kiné a-t-il été naturel pour toi ?

Je voulais quelque chose dans la santé, proche du sport. Médecin, infirmière, kiné… Le kiné, c’était parfait, ça me permettait de rester proche des sportifs. Je ne l’avais pas prévu, mais ça a été une suite naturelle, presque instinctive.

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton travail aujourd’hui ?

Ce que j’adore, c’est le côté dynamique. Ce n’est jamais la même journée : ce n’est pas 8 heures dans un cabinet ou un hôpital. Ici, tu alternes entre bidons, collations, massages, conduites, préparation des équipements… Chaque journée est différente, et c’est ce qui rend le métier vivant.

 

Y a-t-il un moment où tu te dis « Oui, je suis exactement là où je veux être » ?

Oui, surtout quand on gagne une course. Voir le cycliste réussir après tout le travail que tu as fait, c’est extrêmement gratifiant. Même quand on ne gagne pas, si je sais que j’ai fait mon travail correctement et que les coureurs sont satisfaits, c’est déjà une victoire pour moi.

 

Comment décrirais-tu ta relation avec les cyclistes ?

C’est très familial. On passe des mois ensemble sur les courses, loin de chez nous, et ça crée des liens très forts. Avec certains coureurs, c’est presque comme un frère ou un ami. On partage des moments plus intimes, des confidences, des histoires de famille… Ce sont des moments privilégiés.

 

As-tu un souvenir marquant de ta première année dans l’équipe ?

Oui, la victoire d’Alex en Espagne. C’était intense, parce qu’il avait été un moment déclassé, puis finalement reconnu vainqueur. On était dans le camion, en stress, à suivre tout ça. Quand on a su qu’il avait gagné, tout le monde a pleuré, c’était tellement émotionnel. Voir tout le travail qu’il avait fourni récompensé, c’est un moment que je n’oublierai jamais.

 

Comment gères-tu l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle ?

C’est difficile parfois. On est beaucoup sur la route, loin de la famille, on rate des anniversaires et des moments spéciaux. Mais ma famille comprend que c’est ma passion et mon travail, donc ça rend les choses beaucoup plus faciles. Et moi, j’adore voyager : découvrir des pays, des cultures… Chine, Japon, Australie… Pour moi, c’est un vrai rêve de jeune.

Qu’est-ce qui te rend fière au quotidien ?

Le dynamisme du métier, la diversité des tâches, et surtout, voir le cycliste réussir grâce à tout le travail collectif. Ce sont ces moments-là qui donnent tout son sens à ce que je fais.