A l'abri du vent : Sam Maisonobe

A l'abri du vent : Sam Maisonobe

Mathilde L'Azou

Publié le : 05/05/2026

À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Sam Maisonobe.


Comment ton parcours sportif a-t-il commencé ?

À la base, je viens du triathlon. J’en ai fait pendant une dizaine d’années, jusqu’à un niveau assez élevé.

Le vélo a toujours fait partie de ma pratique, puisque c’est une composante essentielle du triathlon, mais pendant longtemps je me concentrais surtout sur la natation et la course à pied, qui étaient mes points faibles. Le vélo, paradoxalement, je ne l’avais jamais réellement développé à fond.

Il y a trois ans, j’ai pris la décision de me consacrer uniquement au vélo de route. J’éprouvais une certaine lassitude en natation et en course à pied, alors que le vélo restait ce qui me passionnait le plus.

 

À quel moment bascule-tu pleinement vers le vélo de route ?

Cofidis m’a contacté, ce choix s’est fait naturellement. En triathlon, j’avais un entraîneur spécialisé dans la partie vélo, et c’est lui qui m’a dit un jour : “Franchement, il y a quelque chose à tenter en cyclisme.”

Je n’avais jamais réellement exploité ce potentiel-là. Tout est arrivé assez tard, mais finalement très vite.

Le vélo pur, je l’ai vraiment commencé vers 19/20 ans. Ça fait donc seulement trois ans que je suis à 100 % dedans.

Dans ma famille, on pratique beaucoup les sports d’endurance : duathlon, triathlon, mais pas forcément du cyclisme de compétition. On faisait surtout des cyclosportives, les Étapes du Tour, ce genre de défis. C’est là que j’ai vraiment pris goût à l’effort long.

 

Y a-t-il eu un déclic qui t’a fait croire au professionnalisme ?

Oui, très clairement : ma victoire d’étape sur la Ronde de l’Isard.

La veille, un ami me dit presque en rigolant : “Si tu gagnes une étape ici, tu passes pro direct.” Je ne réalisais pas vraiment. Le lendemain, tout s’est parfaitement aligné : des jambes incroyables, un parcours qui me convenait, une course idéale.

Quand je passe la ligne, je ne mesure pas tout de suite ce que ça représente, mais avec le recul, c’est l’un des moments les plus importants de ma carrière. Peu après, Cédric Vasseur m’a contacté. Aux Championnats de France, je confirme avec une 5ᵉ place.

Ça m’a permis de passer directement professionnel, sans passer par la case stagiaire.

 

Un autre moment marquant dans ton parcours ?

Oui, bien avant ça. Les sorties vélo avec mon père quand j’étais enfant.

C’est là que j’ai compris que j’aimais profondément le sport, le fait d’être dehors, de me dépenser. J’étais assez hyperactif, et le sport me permettait de me canaliser. Il m’a transmis ça sans jamais me mettre de pression.

L’envie de haut niveau est venue de moi, pas de lui.

 

Avais-tu un coureur qui t'inspire particulièrement ?

Julian Alaphilippe, sans hésiter. Déjà parce qu’il est Français, donc plus facile de s’identifier. Son palmarès parle pour lui : deux titres de champion du monde, de grandes classiques, et ce maillot jaune porté longtemps sur le Tour.

J’aime surtout sa manière de courir, au panache, sans calcul excessif. C’est un profil qui me parle.

 

Une rencontre déterminante dans ta vie ?

Dans ma vie personnelle, clairement ma copine. On s’est rencontrés au lycée, en section sportive. Elle connaît les contraintes du sport de haut niveau.

Elle a choisi une voie différente, avec des études de droit pour devenir avocate, et moi j’ai tout mis sur le vélo. On se comprend mutuellement, même si la distance et les déplacements rendent les choses parfois difficiles. Quand on se retrouve, on sait pourquoi on fait ces sacrifices.

 

Comment gères-tu l’équilibre entre vie personnelle et carrière ?

Ce n’est pas simple psychologiquement, mais on sait que la carrière d’un cycliste ne dure qu’un temps. À 35 ans, certains commencent à peine leur vie professionnelle. Ça aide à relativiser et à se dire qu’il faut profiter à fond de cette période.

 

As-tu un rituel avant les courses ?

Pas vraiment de rituel précis. Mon quotidien est surtout très structuré.

Manger sainement tous les jours, que ce soit en période de course ou non. Les journées se ressemblent : lever, petit-déjeuner très cadré, entraînement, récupération. Plus qu’un rituel, c’est une routine millimétrée.

Avant les courses, j’écoute souvent du rap américain, surtout 50 Cent ou Eminem.

Ça me réveille, ça me met dans l’intensité, et surtout ça me rappelle des moments durs à l’entraînement. Ça me replonge dans cet état d’esprit.

 

Une passion en dehors du vélo ?

J’aime beaucoup le sport automobile, tout ce qui touche à la mécanique et à la vitesse. Je ne pratique pas, mais j’adore regarder. Ça reste dans le même univers de performance et de sensations.

 

Un surnom dans le peloton ?

Oui, on m’appelle le Sanglier.


Parce que j’ai un physique assez atypique : aussi large que haut. Beaucoup pensent que je suis sprinteur quand ils me voient… alors que pas du tout. Le surnom est resté.

Un endroit où tu adores t’entraîner ?

Les Alpes, sans hésiter.

Le soleil, la montagne… C'est clairement là que je me sens le mieux sur un vélo.