À l'abri du vent : Ema comte

À l'abri du vent : Ema comte

mathilde L'Azou / Team Cofidis

Publié le : 10/03/2026

À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Ema Comte.


Comment est née ton envie de faire du vélo ?

Je n’ai pas commencé le vélo très jeune, contrairement à beaucoup d’autres. J’ai découvert le cyclisme à 15 ans, en regardant simplement le Tour de France à la télévision. Ma mère est slovaque, et à la maison, on était de grands fans de Peter Sagan. C’est vraiment lui qui m’a donné envie de monter sur un vélo. J’aimais son style, sa manière de courir, son panache. En le regardant, j’ai eu envie d’essayer à mon tour, de comprendre ce sport et de vivre ces sensations.

J’ai donc commencé au Vélo Club d’Annemasse. Très vite, je me suis prise au jeu. Ce n’était pas juste une activité pour m’occuper : j’avais envie de progresser, de m’investir, d’apprendre. Le vélo a rapidement pris une place importante dans mon quotidien.

Après mes débuts à Annemasse, j’ai intégré la N1 de Chambéry. C’était une étape importante, avec un niveau plus relevé et une approche plus structurée de l’entraînement et de la compétition.
J’y ai beaucoup appris, autant sur le plan sportif que personnel : gérer la pression, enchaîner les courses, progresser dans un collectif.

En août 2025, j’ai rejoint l’équipe de Cofidis. C’était un grand moment pour moi. Passer professionnelle, signer mon premier contrat, c’était quelque chose que je n’imaginais pas forcément  quand j’ai débuté le vélo. Tout s’est fait progressivement, étape par étape.

 

Y a-t-il un moment qui a vraiment marqué ton parcours ?

Oui, sans hésitation ma victoire en Coupe de France N1 à Guégon.
C’était ma toute première victoire sur le vélo, et forcément, ça marque. Ce jour-là, j’ai ressenti quelque chose de très fort. Ça a été un vrai déclic, une confirmation que le travail réalisé jusque-là allait dans le bon sens.

Cette victoire m’a apporté beaucoup de confiance. Elle m’a permis de me dire que j’étais capable de gagner, de m’imposer, et que je pouvais légitimement croire en ce projet sportif.

 

Que représente pour toi le fait de porter le maillot Cofidis ?

C’est une immense fierté. Porter le maillot Cofidis, c’est avant tout mon premier contrat professionnel, et donc un rêve qui se concrétise. Quand on commence le vélo un peu plus tard que les autres, on ne sait jamais vraiment jusqu’où ça peut nous mener. Aujourd’hui, être dans cette équipe, c’est une forme de reconnaissance du chemin parcouru et du travail accompli.

 

Comment arrives-tu à concilier vélo et études ?

Je suis en école d’ingénieur à l’INSA, dans une section sport qui permet des aménagements scolaires. Sans ça, ce serait très compliqué.
Concilier études et vélo demande énormément d’organisation. Dès qu’on prend un peu de retard à l’école, tout peut vite s’enchaîner et devenir difficile à gérer, aussi bien sur le plan scolaire que sportif.

Il faut donc anticiper, être rigoureuse et très structurée. Pour l’instant, j’arrive à faire les deux, mais ça reste un équilibre fragile qui demande beaucoup d’implication au quotidien.

Je n’ai pas énormément de temps pour développer une vraie passion à côté du vélo et des études. Les journées sont déjà bien remplies.
Mais j’aime bien cuisiner, surtout les gâteaux. Rien de très compliqué, mais par exemple un bon banana bread, j’aime bien en faire. C’est un moment simple, calme, qui me permet de penser à autre chose.

 

As-tu des rituels avant les courses ?

Non, pas vraiment. Je ne suis pas quelqu’un de très ritualisé.
Je n’aime pas trop me dire qu’il faut absolument faire les choses de la même manière, mettre une paire de chaussettes ou suivre une routine précise. Je préfère rester naturelle, m’adapter à mes sensations et aborder chaque course comme elle vient.

Idem pour la musique, je préfère rester concentrée, calme, dans ma bulle, sans forcément avoir besoin de quoi que ce soit pour me motiver ou me mettre dans l’ambiance.

 

Y a-t-il un endroit où tu te sens particulièrement bien pour t’entraîner ?

Oui, en Haute-Savoie, chez mes parents.
Avec l’école, les déplacements et le rythme des compétitions, c’est l’endroit où je me ressource le plus. J’y retrouve un cadre familier, apaisant, qui me permet de bien m’entraîner et de me recentrer.