Publié le : 03/02/2026
À l’heure de la pause-déjeuner, la team Cofidis prend un moment pour échanger avec ceux qui font l’équipe. Avec "A l'abri du vent", on met la course de côté quelques minutes pour écouter et prendre le temps. Aujourd’hui, partons à la rencontre de Valentine Fortin.
Comment tout a commencé ?
J’ai commencé le vélo très jeune, à l’âge de cinq ans. Cela s’est fait un peu par hasard, en suivant mon grand frère qui voulait en faire. Un club s’est créé près de chez moi, et j’y suis allée.
Dans ce club, il y avait une personne qui a compté très tôt dans ma carrière une ancienne pistarde, sept fois championne de France sur piste. Elle a rapidement vu que j’avais des capacités en sprint et m’a orientée vers la piste.
Quand le vélo est-il devenu un parcours de haut niveau ?
À quinze ans, je suis entrée au Pôle France de Bourges. C’est là que le vélo a vraiment pris une autre dimension. J’ai fait mes débuts sur la route vers 2015, et j’ai vécu tous les grands événements jeunes sur la piste : championnats d’Europe, championnats du monde, avec plusieurs médailles.
Après ça, je suis passée directement en élite sur la piste, avec les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 en ligne de mire.
Sur la route, en revanche, j’étais toujours en équipe amateur. Le Covid a été un tournant. Cette période m’a permis d’être plus focus sur la route, et c’est là que j’ai commencé à gagner mes premières courses au niveau amateur. En 2021, j’ai été recrutée lors de la création de l’équipe professionnelle.
Quels moments et quelles rencontres ont marqué mon parcours ?
Plusieurs étapes ont été déterminantes : ma participation aux Jeux Olympiques de Tokyo, mon premier titre de championne d’Europe individuelle sur piste, et bien sûr les Jeux Olympiques de Paris 2024.
Il y a aussi des rencontres importantes. Victoire et Marion en font partie. Je les ai rencontrées au Pôle France de Bourges : Marion en 2014, Victoire en 2015. Cela fait maintenant une dizaine d’années que nous nous côtoyons.
Comment tu te construis en dehors de la performance ?
Depuis l’année dernière, je suis une formation en préparation mentale. C’est quelque chose qui a toujours été important pour moi dans ma pratique personnelle. Après les Jeux, j’ai ressenti le besoin de faire autre chose.
J’ai pris une année sabbatique en 2024, après avoir obtenu un master en management. J’ai intégré une école de commerce à Grenoble en 2019, où j’ai réalisé ma licence, mon master 1 et mon master 2 en quatre ans, validés en 2023.
Depuis octobre 2024, j’ai repris une formation universitaire, un diplôme en préparation mentale.
Être à la fois athlète et en formation me permet de mieux comprendre mon propre fonctionnement. Le plus difficile, c’est d’avoir cette double casquette : je dois suivre des athlètes dans le cadre de mon stage. L’objectif n’est pas de donner des solutions toutes faites, mais de poser les bonnes questions, de creuser, pour que la personne trouve elle-même ses réponses.
Avec les plus jeunes, on est davantage dans le conseil. Là, il s’agit plutôt d’accompagner, de comprendre les forces et les faiblesses.
Je n’ai pas vraiment de rituel d’avant-course. Pas de musique particulière. En revanche, j’aime appeler mon copain avant le départ, pour me motiver.
Comment vis-tu l’équilibre personnel et comment imagines-tu la suite ?
L’inspiration ne vient pas forcément du vélo. Ma maman m’a beaucoup marqué par sa bienveillance et son optimisme. Elle a toujours été présente, même si ce n’était pas forcément sur le bord des routes. Elle comprend aussi mon besoin de m’échapper parfois du vélo. Mon père, lui, a longtemps été très présent sur les courses, même si aujourd’hui je lui demande parfois d’arrêter de parler uniquement de vélo.
Concilier vie professionnelle et vie personnelle n’est pas simple quand on est sportive de haut niveau. Quand on a fait les Jeux Olympiques, on est souvent perçue comme quelqu’un de spécial. Le plus dur, c’est parfois d’être considérée comme quelqu’un de normal, avec une vie qui n’est pas celle d’un travail classique avec 35 heures hebdomadaires. On voyage beaucoup, mais cela a toujours fait partie de ma vie.
Mon copain est aussi cycliste, ce qui rend ce mode de vie plus facile à partager. Je ne m’imagine pas avoir une vie totalement stable et figée.
La préparation mentale m’attire pour la suite, car elle ne concerne pas uniquement le sport : elle touche à beaucoup d’autres domaines. C’est un métier qui permet d’être indépendante, de gérer son temps, de travailler avec des équipes ou de voyager.
En dehors du vélo, j’aime beaucoup de choses : lire, écouter de la musique, regarder des séries, mais aussi les activités manuelles. Je fais du coloriage, j’apprends le crochet, j’aimerais apprendre à tricoter, à coudre, à me faire mes propres vêtements.
Pour m’entraîner, j’ai deux endroits préférés : Nice l’hiver et Landor l’Andorre plutôt ? l’été.